Société des Amis de Saint-Sylvestre et de l'Abbaye de Grandmont 87240 Saint-Sylvestre
Histoire de la SASSAG
Saint-Sylvestre Le trésor de ...

A l’origine de l’Association des Amis de Saint-Sylvestre et de l’Abbaye de Grandmont un Comité pour les réparations de l’église de Saint-Sylvestre
Voici des extraits de ce que l’on peur lire sur le fascicule de notre président Jean François MOUGNAUD (disponible en intégralité sur la boutique) :

«Il était une fois un petit village du Limousin caché dans la montagne,…. On pourrait dire un village comme tant d’autres, et pourtant il ne l’était pas. Il ne l’était pas car il y avait fort longtemps, l’Histoire y avait écrit quelques unes de ses plus belles pages. Au 11ème siècle, l’histoire de ces montagnes allait faire partie de l’Histoire de France……….. Elles allaient vivre des moments pathétiques sous l’influence de Dieu, des Rois, des Papes et des hommes, et ce n’est que peu avant la Révolution Française de 1789 que l’Histoire de France cédait la place à l’Histoire du village qui allait à nouveau sommeiller …………….

Mais cette Histoire de France n’avait pas fait que passer. Elle avait laissé derrière elle de nombreuses traces de son passage, et si elle avait démonté une à une les pierres de la plupart de ses édifices, elle avait laissé des trésors de culture et de foi, bref, de civilisation……

Cependant, en ce Dimanche de 1926, ………….., les Paroissiens de l’Eglise de Saint-Sylvestre en ont eu assez de voir leur beau clocher se dégrader ;il y avait même un arbre qui avait poussé sur le contrefort.
Décidé de faire quelque chose pour sauver ce témoignage du passé, ils ont créé un « Comité pour la restauration de l’Eglise de Saint-Sylvestre»

Sous la plume du bureau de ce comité, ils publièrent alors ceci : Convention




Après avoir obtenu l’autorisation de l’Evêché, ainsi que l’accord tacite de la Mairie, ils partirent………..pour recueillir des fonds destinés à la restauration de ce qui faisait encore l’unité du village…..

Reprenant les mots de ce que l’on pourrait appeler leur manifeste, ils publièrent le texte suivant dans «le Limousin de Paris» en Novembre 1926.



« ………toute l’Histoire de notre petite patrie rayonne autour du clocher : naissances, mariages, deuils cruels, les cloches ont annoncé ces évènements mémorables pour chaque foyer. Le passé nous tient autant que le présent, et, fils respectueux, nous devons maintenir ce qui faisait la joie et l’orgueil de nos ancêtres pour le remettre intact à nos enfants. Le flambeau de la tradition doit passer de main en main. Grâce à nous, il ne sera pas éteint ».


Une première estimation indiquait le chiffre énorme pour l’époque de 30.000 francs, ce qui explique l’impuissance de la Mairie à entretenir ce dont elle avait la garde.

Ils sollicitèrent alors l’Académie des Inscriptions et des Belles Lettres, dont la générosité fût énorme : 5000 francs. Le peintre Jean Teillet leur confia deux de ses tableaux dont la vente les aiderait à démarrer les travaux.

Celle que l’on n’appelait que par son prénom tellement elle était intime avec tous, Mademoiselle Jeanne, alla voir l’Evêque. Dans une lettre, le trésorier André Dessagne rapporte l’entretien :


« Elle est restée à Limoges les derniers jours de la semaine, et a bien fini par me décider à aller voir Monseigneur. C’est lundi, dans l’après midi, avant son départ, que nous avons été reçus. Monseigneur a été très bienveillant, et nous a promis en riant de mettre son chapeau à la fin de la première liste de souscription. Il est vrai qu’il a ajouté que son offrande serait minime ».



Forts de leurs premiers résultats, ils s’adressèrent alors à la Société Archéologique et Historique du Limousin ainsi qu’à la Sauvegarde de l’Art Français, sous la présidence du Duc de Trévise qui écrivait ceci le 4 Janvier 1927 à Antoine Mougnaud, président du comité (cliquez ici pdf)

Le total des souscriptions, dons, legs, et autres générosités s’élevant alors à prés de la moitié du budget, il fût décidé de commencer par le clocher qui était le plus malade, et de seulement boucher les trous sur le reste de la nef.

Ils ne s’en tinrent pas là et continuèrent de recueillir les fonds nécessaires à la poursuite de leur action.

Si le but initial avait été et demeurait, la restauration de l’Eglise, il est bien évident que cela n’empêchait pas la continuation de la célébration des cultes, peut-être même au contraire. En effet, il semblerait que l’action menée avait rassemblé les habitants.

Le 3 Mai 1928, eut lieu un événement


« Souvenir de la visite Pastorale de Sa
Grandeur Mgr Flocard évêque de Limoges et
de la cérémonie de la Confirmation dans la
Paroisse de SAINT SYLVESTRE
(le 03 Mai 1928) »


Le calme revenu à Saint-Sylvestre, l’action n’en demeurait pas moins, mais les ressources n’étant toujours pas suffisantes, Antoine Mougnaud et Mlle Jeanne eurent l’idée d’organiser une tombola, dont le profit irait à l’Eglise. Malheureusement, l’autorisation leur fut refusée car l’autorisation d’instituer une tombola ne pouvait être donnée qu’à une société, une société d’art par exemple.

On décida en Septembre 1933 de créer une société, pour transformer le Comité de Restauration en

« Société des Amis de Saint-Sylvestre et de l’Abbaye de Grandmont ».

Les statuts furent déposés le 4 Avril 1934, et parurent au J.O. le 11 Avril 1934 par Antoine Mougnaud (cliquez ici pdf) et le 23 Septembre 1934, la première réunion de la société des Amis de Saint-Sylvestre et de l’Abbaye de Grandmont eu lieu.

Il avait donc été décidé de demander l’autorisation de faire la tombola pour l’édifice et pour les deux reliquaires qu’elle contenait.

Cette autorisation ayant été accordée, on imprima 5000 billets, et la tombola eut lieu durant l’été 1935, et son profit vint grossir les caisses de la société, toujours dans le but de la réfection du toit de l’Eglise.

Les travaux de réfection du toit pouvaient reprendre sans tarder, bien sûr en mettant des ardoises neuves sur le devant et des vieilles réutilisées sur le versant nord, faute de moyens suffisants.

Enfin, le 6 Octobre 1935, A. Dessagne écrivait : « les travaux pour les réparations de l’Eglise sont terminés ».



Photos de l’église de Saint Sylvestre Aout 2008 et de la PIETA

Comme il y avait encore quelques sous dans la caisse,
le bureau de la Société décida d’aider les jeunes de la
Commune qui avaient le mieux travaillé à l’école en
les récompensant d’une bourse ainsi que de fournir
une nouvelle horloge à l’école.

(Horloge toujours visible à ce jour)

La Société des Amis de Saint-Sylvestre et de l’Abbaye de Grandmont a survécu, et aujourd’hui la présence à chaque Assemblée générale annuelle de nombreux participants montre qu’elle ne se porte pas trop mal. De nombreuses réalisations ont été faites, tant à Saint-Sylvestre qu’à Grandmont, et la municipalité, sans avoir beaucoup plus d’argent qu’autrefois, a cependant compris quelle importance il y avait à préserver et entretenir cet héritage historique dans lequel nous puisons nos racines.