Société des Amis de Saint-Sylvestre et de l'Abbaye de Grandmont 87240 Saint-Sylvestre
Histoire
Grandmont Les Fouilles

Histoire de l'ordre

L'Ordre de Grandmont est un ordre religieux limousin fondé vers 1076 et dissous en 1772


Fondation


Après un pèlerinage en Italie pendant lequel il aurait rencontré des ermites, Étienne, d'après la légende, fils d'un vicomte de Thiers en Auvergne, s'installe au pied des monts d'Ambazac sur la colline de Muret, à 20 km de Limoges. Il fonde l’ermitage de Muret, vers 1076.

La Vita, écrite pour le dossier de canonisation d’Étienne au XIIe siècle, le présente comme un fondateur d’ordre. Cependant, il reste diacre : il ne revêt ni l’habit des moines, ni celui des chanoines.

Étienne et ses premiers compagnons se distinguent par leur choix d’une vie d’excessive pauvreté. Il interdit toute possession de terres, tout animal hormis les abeilles. Muret est si peu étendu que les ermites vivent des dons suscités par leurs prières. Etienne et ses frères pratiquent les travaux manuels, les cultures de subsistance, sans règle, dans leur enclos, loin du monde.

Son fidèle disciple Hugues de La Certa, transmettra son idéal de vie et sa doctrine fondée sur l’Évangile comme en témoigne une plaque en émail de l'autel majeur de l'abbaye de Grandmont conservée au musée national du Moyen-Âge de Cluny à Paris.

C’est la base de la Règle de l’Ordre.

Les premières communautés rassemblent dans un strict esprit d’égalité deux catégories très différentes. D’abord les frères lais (plus tard appelés convers) chargés de la gestion puis les frères prêtres ou clercs qui mènent une vie contemplative et dépendent des premiers : telle est l’originalité de Grandmont.

Saint Étienne se propose de bâtir un Monastère, où il pourrait avec ses frères mener une vie commune et régulière, en conservant toujours l’esprit de la vie solitaire. Il est consacré par l’évêque de Limoges et achevé en septembre 1112.

Deux légats pontificaux, le cardinal Papareschi, (élu Pape en 1130 sous Innocent II) et le cardinal Pierre de Léon, « envoyé en France par le Pape Calixte II chargés d’une mission à Limoges sont reçus par saint Étienne et Hugues de Lacerta en 1124.

À la mort du fondateur, en 1124, Pierre de Limoges, prêtre, devient responsable des frères.

N’étant pas propriétaire de la terre de MURET et face aux querelles qui les opposent avec leurs voisins bénédictins possesseurs du prieuré d’Ambazac soutenu par l’évêque de Limoges, les pauvres disciples doivent quitter Muret en juillet 1125,

pour Grandmont, emportant le corps du saint avec eux.


Une première ébauche de la règle de Grandmont rédigé par Etienne de Liciac vers 1150-1160 (reprenant les exemples et les enseignements du fondateur) est acceptée par le pape en 1156. Le pape Alexandre III « confirme » la règle vers 1171. En 1188, le pape Clément III approuve ce texte, une des dernières fois où une nouvelle règle est acceptée.

Étienne est canonisé en 1189.

Cette évolution a pour arrière-fond l’intérêt d’Henri II Plantagenêt pour Grandmont. Il s’en sert de base pour contrôler le Limousin et ses vassaux. Il participe lui-même avec ses fils à la construction des bâtiments, à l’essor de l’ordre en Aquitaine, Poitou, Anjou, Normandie, Angleterre. Aux nouvelles implantations Plantagenêt répondent les fondations du roi de France.

Les nouvelles fondations reçoivent des rentes ou des dîmes, un domaine.

Les Grandmontains bâtissent des monastères miniatures mais ne vivent plus dans le premier idéal de pauvreté.


Les maîtres d’œuvre diffusent le savoir-faire de Grandmont dans les celles, l’art grandmontain s’épanouit. Des bâtiments imposants s’élèvent à Grandmont. Les mécènes commandent des œuvres remarquables : orfèvrerie, vitraux, émaux, tissus, manuscrits.

Au XVIIe siècle, Charles Frémon, abbé prieur de Grandmont, propose une réforme de « stricte observance », mais seules quelques maisons l'adoptent. Le refus des autres religieux et la convoitise de l’évêque entraînent la suppression de l’Ordre par la commission des Réguliers en 1772.

Cela entraîna vite la dispersion totale de la centaine de religieux qui subsistaient. Les sites grandmontains sont vendus à la Révolution. Des entrepreneurs démolissent les bâtiments pour récupérer les matériaux.

Les bâtiments de l'abbaye de Grandmont furent démolis en 1817.

Une reviviscence de l'esprit insufflé par Saint Etienne a eu lieu en 1979, en Indre-et-Loire, sur la commune de Villeloin Coulangé près de Loches. Dans un ancien ermitage grandmontain fondé par Henri II Plantagenêt, le Père Philippe et deux moines vivent encore selon les règles de l’Ordre en communion avec toute l'Eglise.

Les Amis de l'Ordre de Grandmont (prieuré de Villiers-Grandmont).


Ermitage de Grandmont Villiers


Le père Philippe et ses deux moines célèbrent à Grandmont tous les ans l'anniversaire de la canonisation de St Étienne en 1189.

Toute l’organisation de cette célébration est fournie tant sur le plan pécuniaire que sur le plan logistique par L’association des Amis de Saint Sylvestre et de l’Abbaye de Grandmont qui se réuni et organise le dernier dimanche d'août une messe en plein air réunissant chaque année plus de 100 personnes et suivie de la désormais traditionnelle procession.
En effet les religieux se rendaient en procession de Grandmont à Muret, pour honorer leur fondateur.

Les diacres portaient l’un après l’autre pendant le trajet (10km) la dalmatique du fondateur. Le parcours est bien entendu raccourci aujourd’hui et la procession ouverte à tous fait le tour de ce que fut l’enceinte de cette vaste abbaye.